Un homme voulait un jour tout connaître d'un nouveau monde.
Il l'avait découvert par hasard, lors du Grand Voyage qu'il avait entamé. Il parcouru ses grandes vallées et ses plus belles forêts.
Il parcouru de long en large cet immense territoire, sans jamais comprendre où s'arrêtait ce monde.
Il voulu alors en voir ses limites. Il les chercha tant bien que mal, et dans son exploration, il vit une colline, qui lui semblait être la plus haute qu'il ai vu jusqu'à présent.
Il se disait sans doute, que depuis celle-ci, les limites qu'il espérait tant apercevoir se révèleraient.
L'homme arriva donc sur la colline, la gravi, et une foi au sommet, admira le paysage qui s'offrait à lui.
Enfin! Après tant de marche, il peut apercevoir le monde qu'il parcours, et enfin il peut apercevoir les limites de ce monde.
Cet homme pensa alors qu'il savait tout de ce monde, étant donné qu'il en avait vu ses limites. Un sentiment de joie montait en lui, résultat de sa grande ambition.
Alors, un Vieil Homme arriva.
Lui qui pensait que ce monde était sans vie humaine, fut bien étonné de la présence d'un vieillard.
Il lui demanda donc si ce monde était habité, et qui il était. Le Vieil Homme lui répondit qu'il était le Gardien de ce monde.
L'homme s'en étonna, puis rigola, avant de lui dire:
"Gardien de quoi? De ce monde ? De toute façon j'y ai tout vu, et j'y ai pris ce dont j'avais besoin. Je vous le laisse, ce territoire, il ne m'intéresse plus.
Le Vieil Homme eu un sourire en coin, puis répliqua:
"Si tu crois que de là où tu es, tu as une jolie vue, alors tu peux en profiter, car demain tu ne la verras plus.
Tu crois avoir tout vu, de là où tu es, mais moi je te le dis, tu n'a rien vu, car ici n'est rien comparé à ce qui se cache ici. Prends garde, à ce que tu vois ! La limite de tes yeux se perd avec la cime des arbres que j'ai planté.
Je ne suis pas que le Gardien de ce monde, j'en suis aussi le créateur. Si tu as pu voir cette colline, c'est parce que j'ai voulu que tu la vois, pour que tu pense voir qu'elles sont mes "limites".
Ne te dis pas, toi qui arrive sur mes terres et n'en parcours même pas le tiers, que parce qu'une hauteur ta donné l'altitude, elle va aussi te donner la connaissance.
Tu es ici chez moi, dans la forêt que tu peux apercevoir, chaque arbre, que j'ai planté on leur propre intérêt. Certains t'ont permis de t'orienter, et d'autres de te désorienter".
L'homme pensa alors à son périple, et se rappela d'un grand arbre, duquel il avait pu apercevoir la colline.
Il s'exclama alors:
"Tu divague vieil homme ! La vieillesse te fait dire des folies ! Si je suis ici c'est que je l'ai voulu, un point c'est tout !"
Le Vieil Homme repris:
"Tes yeux les ont vus certes, mais ils n'ont fait que voir...Ne te dit donc pas que tu as tout vu.
Bien au contraire, questionne-toi, fait travailler ton esprit, pour aller au delà de ta vision, et savoir ce que font ces arbres ici et là ! Mon territoire est grand, beaucoup plus grand que tu ne le penses !
Toi, par cette colline, tu te sens pousser la fièvre de la connaissance.
Tu sens en toi une incomparable envie de tout dominer, car après tout, tu penses désormais tout savoir de cette terre nouvelle. N'oublie cependant pas que chaque chose à une utilité ici: j'ai créer ce monde.
N'oublies pas aussi que si ici tu pense à quelque chose, c'est que j'ai voulu que tu y pense, et que si tu as voulu voir des choses, c'est que j'ai voulu te les montrer.
Je ne peux te donner qu'un seul et unique conseil: ne te perds pas, tu te désoriente vite sur mes terres, et là tu es déjà perdu, sache-le."
L'homme lui dit alors :
"Je reconnaîtrais mon chemin, je sais où aller, ne vous en faite pas vieil homme!"
Le Vieil Homme lui répondit:
"Tu crois peut-être bientôt retrouver ton chemin, mais saches encore une fois, que tu es ici chez moi, et qu'à chaque pas de plus, tu t'enfonces dans le néant de mon monde, car ici, ce n'est pas sur ton chemin que tu marche, mais sur le mien. Ton ambition va te perdre, croie moi. Abandonne-la, et tu sera indem. Obstine-toi et tu périra."
Pendant que le vieil homme parlait, l'homme commençait à descendre de la colline. Il fit semblant de ne plus l'écouter, et se montra arrogant envers lui.
Le Vieil Homme découvrit quelques jours plus tard son cadavre gisant dans une clairière.
A bon entendeur.